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Pierre Duret

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Sculp­teur, auto­di­dacte
(jour­na­liste par ailleurs).

1963–2016

Premiers chocs esthé­tiques fin des années soixante-dix face aux Bran­cusi et Giaco­metti de Beau­bourg…

Puis dans le jardin de sculp­ture du Port Saint-Bernard à Paris : César, Poncet… Puis, ici, là-bas, ailleurs, Calder surtout, et tant d’autres !

Appren­tis­sage de la soudure à l’arc auprès d’An­dré Dubreuil aux ateliers Vitra du Domaine de Bois­bu­chet puis de la soudure oxyacé­ty­lé­nique avec Paul Flury dans son atelier dans la Creuse.

Réali­sa­tion de mobi­lier et de lumi­naires dans les années mille neuf cent quatre-vingt-dix, puis premières tenta­tives de sculp­tures à base de fers à béton.

Les premières pièces abou­ties voient le jour dans les années deux mille, et se multi­plient progres­si­ve­ment.

La pratique de la sculp­ture devient un travail quoti­dien vers deux mille dix.
Une première expo­si­tion à la gale­rie lyon­naise Racont’arts en deux mille quatorze marque un premier abou­tis­se­ment.

Pierre Duret s’est éteint en novembre 2016. Vous pouvez contac­ter ses descen­dants à l’adresse contact@­pier­re­du­rets­culp­tures.net.

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Expo­si­tions

Octobre – novembre 2014 
Équi­libres et vibra­tions poétiques
Gale­rie Racont’arts – Lyon

Depuis novembre 2014
Deux pièces en expo­si­tion perma­nente.
Gale­rie Sylvie Garrigue – Lyon

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Approche artis­tique

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Espace et mouve­ment

Solli­ci­ter l’es­pa­ce… C’est-à-dire dans le vide inscrire un plein puis plusieurs, et des traits qui les relient… puis ordon­ner entre eux les inter­valles qui  leur offrent une caisse de réson­nance. Solli­ci­ter l’es­pace, c’est-à-dire convoquer une énig­ma­tique évidence : l’exis­tence de l’es­pace, sa présence mani­fes­tée par les chucho­tantes conver­sa­tions du vide et du plein.

Mon travail relève  de l’as­sem­blage. Des tiges de métal consti­tuent les lignes de force, liga­ments, vecteurs… Coupées, cour­bées, pliées, soudées, elles sertissent des volumes  simples, faits de bois, de ciment, de pâte à mode­ler, et les arti­culent.  Des rami­fi­ca­tions se déve­loppent, parfois, une sorte d’ef­flo­res­cence. Une construc­tion naît, une sorte de ponc­tua­tion…

Des bois flot­tés ou de petites plaques de laiton marte­lés ajoutent leurs notes propres. Des rythmes se répondent, des matières et couleurs, choi­sis pour leur force vitale, pour les jeux que font naître leurs combi­nai­sons…

Inscrire des signes dans l’es­pace et les ordon­ner me rassure : ouf, le réel est bien là !

J’aime cette provo­ca­tion de l’évi­dence : soudai­ne­ment, quelque chose existe à plein, dans une vibra­tion que j’es­saye de convoquer, et dont j’ai peine à rendre comp­te… Et j’aime dans le même temps qu’un mouve­ment – oscil­la­tion, balan­ce­ment, gira­tion –  lent ou rapide,  tout juste percep­tible, inocule un doute à cette certi­tude, un trouble dans cet ordre…

J’es­saye de convoquer cet instant poétique – L’éton­nante et vibrante certi­tude que quelque chose joue dans l’es­pace.

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Dessin, desseins, désirs

Aucune règle à l’avance, mais quelques désirs récur­rents : il faut que ça sonne, et juste ! Les lois de l’équi­libre et de la gravité tiennent leur partie : entre la verti­cale obli­gée et les obliques, des tensions se nouent…. Il faut que ça tienne ! Et pour qu’un troi­sième jeu s’ouvre, il suffit d’un souffle ou d’une pres­sion des doigts : les pièces oscil­lent, des mouve­ments se déve­loppent, s’épousent ou se contre­car­rent… Mobi­lité ou simple flexi­bi­lité : il faut que ça flotte !

Je ne fais aucun dessin prépa­ra­toire, ni ne cherche la forme à plat, sur le papier, sinon pour quelques croquis tech­niques ou recherches de propor­tions. Je n’exé­cute pas de plans, pas plus que je ne reven­dique le moindre concept. Je m’ef­force simple­ment de pour­suivre des formes et des  images mentales qui m’at­tirent, me paraissent a priori poétiques, porteuses d’une force. C’est après-coup, une fois la pièce ache­vée que je pour­rais lui prêter une inten­tion – avec un titre qui le mani­feste. J’aime imagi­ner un arti­san qui assem­ble­rait des pièces de bois au seul gré de son plai­sir et qui, l’objet mené à terme, répon­drait au visi­teur curieux : Ah oui, en effet, ceci est une chaise. Je ne l’avais pas prévu…

Quelques désirs, pas de dessin – des desseins qui se cher­chent… Les credo très sûrs d’eux-mêmes me plongent dans le scep­ti­cisme. Il faut lais­ser sa part d’ombre à ce jeu incer­tain !

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Compo­si­tion et narra­tions

À l’ar­ri­vée, pour­tant, qu’on le veuille ou non, il y a toujours narra­tion. Immanqua­ble­ment , le spec­ta­teur entame un ça me rappel­le… auquel succède un début du récit de ce que la pièce raconte… Et moi aussi, au travail à l’ate­lier,  je déve­loppe  à mesure, en douce,  une sorte d’his­toire, faites de possibles plus que d’in­ten­tions… alors même que l’idée de départ, la forme mentale qui me pousse à attaquer le travail, répond à une idée et un désir pure­ment plas­tiques ! Et c’est ainsi que la construc­tion conçue comme une sorte de ponc­tua­tion de l’es­pace trouve son abou­tis­se­ment dans une conju­gai­son de rémi­nis­cences plus ou moins arché­ty­pales, de bateaux, de bâti­ments, d’oi­seaux, de fleurs, de visa­ges…

La  construc­tion est deve­nue conju­gai­son, est deve­nue  compo­si­tion. Le travail n’est abouti, je crois, que s’il est passé par ces étapes… Si force poétique il y a, c’est, me semble-t-il, par la conjonc­tion d’une réso­nance dans l’es­pace et d’une force sugges­tive de la compo­si­tion.

Je me méfie pour­tant de la narra­tion: trop précise – figu­ra­tive – elle m’en­nuie­rait – moins dans sa préci­sion au demeu­rant que dans son unicité, son univo­cité. Je préfère la plura­lité, l’équi­voque… Je l’ac­cepte dans son état actif, autre­ment dit lorsqu’elle active tout un jeu de rémi­nis­cences et d’as­so­cia­tions, que chacun pourra bien décli­ner à son gré.

Je voudrais que ma produc­tion fonc­tionne ainsi; par évoca­tion seule­ment : que le sens, ou les sens, flottent, restent suspen­dus…

Que chacun puisse dérou­ler une histoire, que toutes ses histoires soient possibles et qu’elles diffèrent, ça, c’est formi­dable ! J’en fais presqu’une règle : me tenir  à la lisière de la narra­tion seule­ment, et de préfé­rence à l’ex­té­rieur pour préser­ver cette plura­lité d’his­toires poten­tielles.

Je pour­rais aller dans le sens d’une réduc­tion de la part narra­tive, vers plus d’abstrac­tion, j’en éprouve souvent la tenta­tion, je ne suis pas sûr de savoir y répondre aujourd’­hui, peut-être y vien­drai-je !

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Rêve­rie dans l’es­pace

Les valeurs esthé­tiques que j’aime et qui reviennent à travers mes objets évoquent la construc­tion, l’usure, une magni­fi­cence passée… Et aussi la verti­ca­lité, l’al­liance du très ancré et de l’aé­rien… J’avance dans ces évoca­tions, ces asso­cia­tions, je les suscite, je les marie, je les ampli­fie… Toujours atten­tif à ne pas tirer l’as­so­cia­tion vers l’iden­ti­fi­ca­tion.

On pourra repé­rer dans mes objets les traces lais­sées par mon amour pour le Bauhaus et l’Art déco, les arts afri­cains et l’art brut, le mouve­ment Moderne, l’ar­chi­tec­ture de la première moitié du ving­tième siècle et la sculp­ture de sa deuxième moitié… Je ne suis pas atta­ché à les reven­diquer, je les constate, je les assume – et comment ne pas rendre à ces conti­nents le tribut qui leur revient ? Ces traces parti­cipent à mon souhait d’un univers d’évo­ca­tions propre à susci­ter d’abord et avant tout un état de rêve­rie dans l’es­pace.

En ceci, et dans mon atta­che­ment au travail arti­sa­nal sur l’éta­bli, j’aime la formule de Gustave Moreau sur l’ar­tiste ouvrier assem­bleur de rêves.

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Regards…

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Sylvie Garrigue
Gale­rie Racont’ARTS
Lyon – France

J’ai tout de suite aimé dans les sculp­tures de Pierre Duret l’in­vi­ta­tion perma­nente à des voyages oniriques très singu­liers. Vers quelle planète imagi­naire ?
À vrai dire, les compo­si­tions de ce poète ingé­nieux nous emmènent chaque fois sur des chemins diffé­rents au gré de son imagi­naire.

Je ressens l’im­pres­sion que Pierre s’offre dans ce travail de créa­tion comme une récréa­tion céré­brale, une paren­thèse où l’in­tel­lect et le ration­nel de l’homme s’au­to­risent à lâcher prise.

Ses œuvres mettent en évidence un vrai savoir-faire de l’ar­tiste à la fois arti­san et orfèvre en faisant coha­bi­ter matières brutes et assem­blages sophis­tiqués. Certaines de ces sculp­tures  évoquent l’art primi­tif mais échappent en même temps à toute réfé­rence évidente  et dégagent un magné­tisme éton­nant.

La série d’œuvres les Retours de Guerre expo­sés en 2014 à Racont’ARTS  inter­rogent et inter­pellent le spec­ta­teur par leur singu­la­rité : ces sculp­tures, “créa­tures” intem­po­relles frémis­sant au moindre frôle­ment, révèlent aussi une part énig­ma­tique de l’ordre de la comé­die humaine.

Quant à la série des Petits paysages  ou ses dernières sculp­tures, Trois soleils ou Fleur de pavot, ces précieux objets poétiques animés conduisent inéluc­ta­ble­ment le visi­teur à un état de rêve­rie.

Ciment, laiton, vides, pleins,  bois, précio­sité , vibra­tions, intel­li­gence et ombres composent ces œuvres pour­vues d’une âme à mon sens et qui rappellent la sincé­rité et la sensi­bi­lité des artistes issus de l’art brut.

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Jérôme Luce­reau
Consul­tant indé­pen­dant
Paris – France

La rencontre avec les objets sculp­tés de Pierre est immé­diate : on est happé, subju­gué, hypno­tisé.

Au premier abord, ça ressemble à du vent et de la lumière.

Puis on prend conscience de l’en­ra­ci­ne­ment.

Ça a les pieds sur terre et dans les airs.

C’est creux et c’est plein à la fois.

Mais c’est plein de vide et c’est creux de matière.

Et puis il y a le mouve­ment. Imper­cep­tible, qui surgit de tout en bas – imper­cep­tible, donc, mais incoer­cible aussi. De la force alliée à une élégance et une fragi­lité d’oi­seau, ou à une feuille d’arbre dans le balan­ce­ment du vent…

Quand j’ai vu Hélios, ce fut le coup de foudre, pour une ques­tion de lumière, d’abord, de flui­dité, ensuite et de fragi­li­té… Hélios, si bien nommé, c’est la fragi­lité d’une caresse, la douceur d’un rayon de soleil dans les premiers jours de janvier. C’est incroyable ces choses-là : si fragiles et si fortes, si irré­pres­sibles à la fois. Ça vous parle sans cesse. On a envie de leur répon­dre…  

Avoir une sculp­ture de Pierre chez moi, ce n’est pas dispo­ser d’un objet de plus, c’est invi­ter un convive étrange avec lequel on converse néces­sai­re­ment.

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